lundi 27 février 2012

DESROSIERS, Léo-Paul

Turenne suit de vieux sentiers à peine indiqués qui serpentent sous bois, dévalent dans des ravins, franchissent des ruisseaux et des lacs qui ne sont plus, dans le paysage, que de grandes clairières. Le soir vient: l'homme s'arrête, creuse un large trou avec ses raquettes et les suspend ensuite à un arbre. Il allume un grand feu et il mange. Bientôt, il s'allonge sur le lit de branches de sapin, au fond du trou, entre les grosses couvertures; l'air pur passe entre ses lèvres, froid comme de l'eau, des étoiles brillent là-haut dans le firmament bleu noir. Et partout s'étend un silence complet, un silence de planète saisie par le froid, gelée jusqu'en son centre, toute vie détruite. (158)

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