Affichage des articles dont le libellé est américanité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est américanité. Afficher tous les articles

mercredi 18 septembre 2013

VILLEMAIRE, Yolande, La vie en prose, Montréal, Éditions Les herbes rouges, 1980, 261 p.

p. 34: Vers trois heures et demie, elle prend le IND jusqu'à West Fourth Street. Des graffiti transparaissent sous les couches de peinture fraîche. New York rature tous les noms: Dee Dee, Sexy Sun, Uncle Rican, Star III retournent lentement à l'anonymat. C'est ça qu'il faudrait comme environnement! Tout à fait ça! Des graffiti phosphorescents et quelques-uns hauts de plusieurs pieds...
"Bronx style is bubble letters, and Brooklyn style is script with lots of flourishes and arrows. It's a style all by itself. Braodway style, these long slim letters, was brought here from Philadelphia by a guy named Topcat. Queens style is very difficult, very hard to read."
L'article du Village Voice s'appuie sur les déclarations d'un certain AMRL, connu aussi sous le nom de BAMA, un de ces scripteurs clandestins. Ian pourrait essayer de le rencontrer pour se documenter d'ici la prochaine réunion de production...
Pendant que la mégapole efface les traces de ces explosions nominales, les faire ressurgir dans un théâtre de West Fourth Street. L'affirmation souterraine et souveraine de ces saboteurs de la grisaille récusée par l'hôtel de ville et récupérée par le théâtre underground. Le cri du coeur de quelques délinquants new-yorkais figé dans sa représentation... Décidément, il faudra trouver autre chose, Lotte.

*Le graffiti incarne - paradoxalement, puisqu'on dit bien, après tout, "graffiti writing" - une vision de l'oralité comme "affirmation souterraine et souveraine de [...] saboteurs de la grisaille récusée par l'hôtel de ville", sorte de bête sauvage mise en cage par l'idée de représentation - de "récupération" - dans le théâtre, dans l'écriture.

samedi 14 avril 2012

BELLEAU, André. (1986) Surprendre les voix. Montréal: Éditions du Boréal.

p. 78: En Amérique, lieu de la modernité vécue, la littérature a peut-être moins besoin qu’en Europe de la médiation d’une modernité critique, comme en font foi d’ailleurs les formes actuelles du roman, aussi bien nord qu’au sud. Ceci suggère que le vécu en Amérique, à cause de ses transformations rapides, sa complexité et ses contradictions, exige une prise le conscience sans cesse renouvelée, et favorise une littérature qui non seulement interprète la réalité sociale mais le fait en des contenus toujours nouveaux. 

NEPVEU, Pierre

p. 72: Emerson, à cet égard, a une formule qui en dit long au sujet de “l’intelligence paresseuse de ce continent”. Constat capital, dont on pourrait trouver des échos partout dans les Amériques, malgré les grandes différences culturelles et historiques. Il y a là le soupçon que la pensée n’est pas quelque chose qui va de soi en Amérique. Octavio Paz a bien montré rôle joué par l’anti-intellectualisme dans les colonies hispaniques comme aux États-Unis. Et aussi loin qu’au Brésil, un des ouvrages majeurs retraçant, un peu à la manière d’un Fernand Dumont pour la culture québécoise, la genèse de la mentalité et de la culture brésiliennes pose le même diagnostic : l’idée que le talent serait affaire de spontanéité plutôt que de longue étude y serait profondément enracinée, selon Sergio Buarque de Holanda, et l’américanisme prendrait le plus souvent une forme instinctive, à fleur de nerfs, plutôt que l’être véritablement intégré et pensé. 



Pierre Nepveu. Intérieurs du Nouveau Monde. Éditions du Boréal, Montréal, 1998, 378 p.